Par Novavet | Santé animale bovine | Bovin laitier | Canada
La transition entre l'étable hivernale et le pâturage printanier est l'un des événements les plus stressants du calendrier de production laitière. Regroupement social, changement de régime alimentaire, nouvel environnement : la vache doit s'adapter rapidement, et ce stress a un coût mesurable en production de lait et en qualité sanitaire du troupeau.
Une étude publiée dans le Journal of Dairy Research (Osella et al., 2018) a été la première à évaluer l'effet des phéromones d'apaisement bovines (BAP) sur des vaches laitières lors d'une période de transition. Les résultats apportent un éclairage concret pour les producteurs laitiers cherchant à préserver leurs performances pendant les changements de gestion.
Contexte : la transition vers le pâturage comme déclencheur de stress
L'étude a été menée sur des vaches laitières Valdostana en Italie — une race à double vocation (lait/viande) élevée dans les Alpes du Val d'Aoste. En printemps, les troupeaux passent d'un système d'étable hivernale fermée à un système partiellement en plein air avec pâturage diurne. Ce changement engendre :
● Une restructuration des dynamiques sociales (établissement de la dominance)
● Un changement abrupt de régime alimentaire et de routine
● Un stress lié à la mobilité et au nouvel environnement
Ce type de transition est observé dans de nombreux systèmes de production au Canada : passages entre la stabulation hivernale et les pâturages d'été, changements de lots, regroupements de troupeaux. Les mécanismes de stress sont identiques, quelle que soit la race.
Protocole : 30 vaches, 4 semaines, un signal chimique
Trente vaches Valdostana en lactation ont été réparties en deux groupes de 15 : groupe expérimental (BAP, n = 15) et groupe témoin (n = 15). Le traitement consistait en l'application topique de 5 ml de substance active — un analogue synthétique de la BAP dans un excipient dermique — toutes les 7 jours pendant 28 jours (J0 à J4). La production laitière et la composition du lait ont été mesurées à chaque point de traitement (J0 à J4).
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Données clés : production laitière 16,82 kg/j (BAP) vs 15,18 kg/j (témoin) — différence statistiquement significative (p = 0,01) |
Résultats : production de lait et santé du pis
Production laitière
La production journalière de lait a été significativement plus élevée dans le groupe BAP tout au long de la période de traitement. La différence la plus marquée a été observée au premier passage en pâturage (J1) — le moment de stress maximal — où les deux groupes ont divergé de manière significative. Le groupe BAP a maintenu sa production, tandis que le groupe témoin a connu une baisse notable.
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Au pic de stress (J1) : production laitière groupe BAP vs témoin — différence significative (p < 0,0001) |
Comptage de cellules somatiques (CCS)
Le CCS est un indicateur de la santé du pis et de la qualité sanitaire du lait. Un CCS élevé signale une inflammation mammaire potentielle, réduit la qualité fromagère du lait et peut engendrer des pénalités commerciales.
Au J1, le CCS était significativement plus bas dans le groupe BAP (73 270 cellules/ml) que dans le groupe témoin (204 730 cellules/ml) — une réduction de l'ordre de 64 % (p = 0,01). Les auteurs interprètent cette différence comme un reflet direct de la réduction du stress physiologique, qui limite la réponse inflammatoire mammaire associée au changement d'environnement.
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Indicateur (J1) |
BAP vs Témoin |
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CCS (cellules/ml) |
73 270 vs 204 730 — réduction ~64 % (p = 0,01) |
Équilibre métabolique : l'urée comme indicateur
L'urée sérique du lait est un marqueur de l'équilibre protéine/énergie chez la vache laitière. Au J1, l'urée était significativement plus élevée dans le groupe témoin que dans le groupe BAP (32,62 vs 27,88 mg/dl, p < 0,0001). Un taux d'urée plus bas dans le groupe BAP suggère un meilleur équilibre métabolique : l'animal catabolise moins les protéines pour faire face au stress, ce qui se traduit directement en meilleure efficacité de production.
Implications pour le producteur laitier canadien
Ces résultats ont des implications directes pour plusieurs situations courantes en production laitière canadienne :
● Transition stabulation hivernale → pâturage : maintien de la production pendant la période d'adaptation
● Regroupements de troupeaux : réduction du stress social et de l'impact sur la production
● Changements d'alimentation : tampon physiologique contre les baisses de production liées aux transitions alimentaires
● Qualité fromagère du lait : un CCS plus bas préserve directement les caractéristiques du lait destiné à la transformation
Le protocole d'application utilisé dans l'étude — 5 ml tous les 7 jours pendant 28 jours — est simple à intégrer dans la routine de traite. Aucune injection. Aucun délai d'attente pour le lait ou la viande.
Qualité du produit : la précision moléculaire fait la différence
L'étude Osella et al. (2018) a utilisé SecureCattle® (IRSEA Group, France), le seul produit dont la composition en acides gras — palmitique, oléique et linoléique dans des proportions précises — est vérifiée analytiquement et correspond à celle du signal naturel produit par la glande mammaire de la vache. Des variations mineures dans la formulation empêchent la reconnaissance par l'organe voméronasal. Les produits génériques ou imitations ne peuvent pas être considérés équivalents sans validation analytique indépendante.
Questions fréquentes
Est-ce que cet effet s'applique à d'autres races que la Valdostana ?
L'étude a été conduite sur des Valdostana, mais les mécanismes biologiques impliqués — axe HHS, cortisol, réponse de phase aiguë — sont communs à toutes les races bovines. D'autres études sur des Nellore, Charolais et croisements Bos indicus × Bos taurus ont confirmé des effets similaires de la BAP sur la physiologie du stress. Des études complémentaires sur des races canadiennes spécifiques seraient bienvenues.
Combien de fois faut-il appliquer le produit ?
Dans l'étude Osella et al. (2018), la BAP a été administrée toutes les 7 jours pendant 28 jours. Selon le fabricant (IRSEA Group), une application unique de 5 ml offre une durée d'action de 15 jours. Pour une transition prolongée (passage en pâturage d'été), une application répétée peut être justifiée.
Y a-t-il un délai d'attente pour le lait ?
Non. SecureCattle® est composé d'acides gras à 1 % dans un excipient dermique. Il n'y a aucun délai d'attente pour le lait ou la viande. Le produit ne contient aucun ingrédient pharmacologique.
Est-ce que la BAP affecte la composition du lait (gras, protéines) ?
Dans l'étude Osella et al. (2018), les protéines, la caséine, le gras et la matière sèche sans gras n'ont pas été significativement affectés par le traitement. L'effet principal observé a porté sur le volume de production et le comptage de cellules somatiques — deux paramètres économiquement critiques pour le producteur laitier.
Où puis-je obtenir SecureCattle® au Canada ?
Novavet est le distributeur exclusif de SecureCattle® au Canada. Contactez-nous à info@novavet.com ou au 1 418 929-7886, ou visitez novavet.com.
Référence scientifique
Osella MC, Cozzi A, Spegis C, et al. (2018). The effects of a synthetic analogue of the Bovine Appeasing Pheromone on milk yield and composition in Valdostana dairy cows during the move from winter housing to confined lowland pastures. Journal of Dairy Research, 85, 174–177. doi: 10.1017/S0022029918000262
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